Archive | 2010
10/07/2010

Biélorussie: « Back in the capitalist USSR »

Biélorussie: « Back in the <i>capitalist</i> USSR »

Depuis le temps que je rêvais d’y aller, de voir à quoi ressemblait la dernière dictature d’Europe, de voir ce pays dont l’UE se contrefout bien qu‘étant à ses portes, de me forger ma propre opinion, de discuter avec des gens qui y vivent au quotidien …

Peu de touristes vont en Biélorussie: le pays est méconnu, les visas chers et pénibles à obtenir, le climat  pas forcément attractif, sa réputation n’est pas des meilleures, il n’y a absolument aucune infrastructure touristique, peu de gens parlent anglais… bref aucun intérêt. D’où l’intérêt.

Le contrôle douanier se fait en 4 étapes : contrôle du passeport, contrôle du bus, contrôle du passeport bis, contrôle des bagages. Lors de ce dernier, un policier me demande « Што гэта ?», mon niveau de russe est suffisant pour comprendre qu’il veut savoir ce que contient mon sac, je prends soin de répondre en anglais pour couper court aux explications, ça marche, il répond « oh » comprenant qu’il s’adresse à un touriste et change d‘avis quant à la fouille de mon sac. Pas de contrôle pour moi! Même les douaniers sont surpris de voir un touriste, je jubile 🙂
Le simple fait de m’avoir entendu parler anglais suffit d’ailleurs à intriguer un biélorusse voyageant avec moi; il me demande d’où je viens,  nous tapons la causette, me dit qu’il ne voit jamais de touristes ici et que je vais être dépaysé. Oué, j’attends de  voir.

Voir toutes les photos  de Biélorussie (Minsk, Brest)

Pour obtenir un visa en Biélorussie, il faut bien évidemment renseigner les autorités sur votre lieu d’hébergement au préalable, puis aller s’enregistrer dans les 72h suivant votre arrivée, dans un bureau officiel. Soyons clair, si vous ne parlez pas russe ou n‘êtes pas aidé par des locaux, il est impossible de remplir cette formalité, importante si vous voulez éviter les soucis. J’avais fourni l’adresse de Elena, mon hôte biélorusse à Minsk rencontrée comme toujours via couchsurfing.
Arrivé à la gare et Elena travaillant jusqu’à 20h, je vais devoir patienter un peu plu d’une heure. Qu’importe, c’est l’occasion parfaite pour me familiariser avec mon nouveau pays d‘accueil, regarder, voire dévisager ces gens que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer.

20 minutes après mon arrivée, je suis dérangé en plein travail d’évaluation critique de mini jupes et de talons hauts, par 4 jeunes. Interloqués par mon sac à dos, ils s’approchent et me demandent en russe sa contenance: je réponds « 68 Litres » en anglais et la conversation s’engage pour 1h. Ils parlent très correctement la langue de Shakespeare, les questions sont les mêmes que souvent (d’où tu viens, pour combien de temps etc…) mais il est vraiment plaisant d’y répondre vu leur état d’esprit.

Voir toutes les photos  de Biélorussie (Minsk, Brest)

Je trouve quand même extraordinaire ces gens, qui, bien que ne pouvant pas quitter leur pays, s’ouvrent  si facilement à l’étranger, voire mieux, viennent lui faire la causette sur un bout de trottoir, tout en lui offrant des chocolats et un endroit ou dormir si besoin est. Génial, j’adore déjà ce pays et suis vraiment enchanté de l’avoir mis sur ma liste des impératifs à visiter.

Plantons maintenant le décor : entre la frontière et la capitale, je n’avais vu que des plaines parfois bordées de fermettes en bois. A l’entrée de Minsk, le paysage mue radicalement, la ville semble en pleine expansion, des quartiers entiers sont en construction, routes, barres d’immeubles tous similaires …
Le centre ville est quant à lui gigantesque: l’architecture stalinienne accapare le regard, les bâtiments sont véritablement imposants, les avenues très larges et les symboles de l’Union Soviétique présent à peu près partout, la ville est d’une propreté impeccable.
Ceci étant, les gens semblent vivre tout à fait normalement! Bien malin le touriste qui pourrait dire « je suis en train de visiter une dictature » simplement en regardant autour de lui.

Le seul élément qui peut à le limite donner une piste, c’est la publicité (certain l’appelleront de la propagande) pour la journée nationale et appelant à la fierté d’être biélorusse, ainsi que quelques affiches ou l’on voit Loukachenko (le président Biélorusse) entouré de diverses équipes de sport. En effet, Loukachenko aime le sport et tient à ce que ça se sache. Vous imaginez Sarkozy avec l’équipe de France de foot sur des 3m x 4m placardés partout dans Paris ?

Voir toutes les photos  de Biélorussie (Minsk, Brest)

Le plan du séjour est le suivant : en compagnie de Elena et d’Alexandrina ( une amie d’Elena qui m’hébergera également) nous partons le lendemain matin pour Brest, sud de la Biélorussie, ou nous serons hébergés par Sergey et Yuri pour 2 jours avant de revenir sur Minsk. Après 4h de train couchette, avec cocktails à base de vodka et sandwichs préparés par Alexandrina, nous arrivons à la gare sous la canicule.
Nos hôtes nous guident à travers la ville, jolie ville tranquille, verte, dans laquelle on passerait bien ses vacances. Sauf celles d’hiver pour éviter de congeler. Au passage, Yuri, d’origine russe, me précise qu’ici et contrairement à la Russie, le KGB n’a pas été renommé en FSB; le nom est bel et bien le même, toujours affiché sur le bâtiment par ailleurs.
Ce séjour à Brest était très agréable, on ne se sent en rien sous une dictature. Tout ici est normal en apparence.

Retour à Minsk, je ne me lasse pas de ces bâtiments: c‘est moche mais grandiose. Alexandrina devant travailler à 7h du mat, je me retrouve dehors aux alentours de 6h30 avec mon sac. Le soleil est déjà haut et la ville vide….à l’exception des milliers de gardes bordant les artères principales …et moi! Ahhhhhhhhhhh, nous y voilà !!

L’image est surréaliste et je n’ai bien évidemment pas pu prendre de photos. Mais imaginez un instant, ces rues immenses flanquées d’immeubles aussi massifs qu‘imposants, vides à l’exception de milliers de gardes privés (un tous les 10m, et je n’exagère pas)! Effectivement, c’est le jour national aujourd’hui, et afin d’éviter un nouvel attentat, on a pris des précautions.

Je pensais qu’on m’empêcherait de me promener mais non: mon sac à dos attise toujours la curiosité et m’attire par là même une certaine sympathie. Un garde me demandera tout de même si il peut le fouiller alors que je veux traverser la plus grosse artère, je suis ravi de lui répondre que « конечно » (bien-sûr) en me marrant. Rira bien qui rira le dernier, il me demande d’où je viens, « français ?? Ah ah ah … coupe du monde….coach Raymond Domenech … Now Laurant Blanc, better !! » C’est qu’il en connait des choses le bougre !!! On se marre un peu, puis je dois le laisser afin qu’il puisse continuer à ne rien faire.

Voir toutes les photos  de Biélorussie (Minsk, Brest)

Ai-je précisé que les statues de Lénine sont omniprésentes ici ? Pas à tous les coins de rues mais presque. Je ne parle pas de la faucille et du marteau qui trônent toujours sur la plupart des buildings. Loukachenko n’est pas communiste mais se sert de cet héritage pour s’attirer les faveurs des anciennes générations.
C’est qu’ici voyez-vous, la dictature est rudement bien foutue: pas assez dure pour choquer la Communauté Internationale ou permettre une révolte massive, pas assez souple pour laisser les biélorusses libres de leur mouvements. Vraiment bien fichu!
J’ai beaucoup parlé avec les biélorusses, je n’en ai pas trouvé UN SEUL qui apprécie sa condition. Il faut dire qu’ils avaient tous moins de 40ans. De façon générale, les plus jeunes contestent le régime, les plus âgés le supportent. Ah ma question « pourquoi ? », la réponse est sans appel « ici les gens se souviennent qu’il y a 20 ans on avait pas à manger. Alors entre la nourriture et la démocratie, nous on choisi la nourriture ». Que voulez-vous répondre à ça…
Il faudra donc probablement attendre le déclin de la vieille génération pour avoir du changement dans ce pays.

Une dernière anecdote qui vaut son pesant de cacahuètes: lors de mon retour en bus sur Vilnius, celui-ci s’arrête comme prévu dans une petite ville frontalière, côté biélorusse toujours. Montent alors quatre dames, quinquagénaires, chacune armées d’énormes sacs et de … tournevis. C’est vrai qu’un bon tournevis pour voyager, c’est toujours utile, en plus j’ai oublié le mien, du coup mes sentiments oscillent entre jalousie et curiosité. Précision, je suis toujours l’unique touriste: et donc le seul qui sera étonné et subjugué par ce qui va suivre. Les autres gens n’y prêtant pas la moindre attention ou à l’inverse filent un coup de main !
Ces énormes sacs contiennent des cartouches de cigarettes, 600 cartouches selon mes estimations. Et les tournevis servent tout simplement à démanteler le sol du bus !!! Imaginez: le bus roule, les nanas démontent le sol partout, cachent 600 cartouches de clopes, puis referment le tout sous l’œil bienveillant du chauffeur qui surveille le bon déroulement des opérations. Je suis aux anges d’être au premier rang, je regarde un peu trop attentivement d’ailleurs ce qui ne plait pas à la plus grosse du quatuor 🙂

Bref: il faut faire vite, la frontière approche. J’admire l’organisation méticuleuse avec laquelle ça se passe : le bus s’arrête 500m avant les contrôles douaniers, laisse descendre 2 femmes qui passeront la frontière à pied (autant pas tous se faire chopper si ça tourne au vinaigre), les autres restent. Elles stressent, sont inquiètent et ça se voit. Les douaniers biélorusses se foutent royalement de ce qui sort du pays, les douaniers lituaniens quant à eux ne trouveront rien. C’est quand même génial, tout le monde SAIT tout dans le bus !! 🙂

Les contrôles se passent sans encombre, le temps de me marrer en lisant un panneau disant qu’ici la corruption ne fonctionne pas. On repart, 500m après la frontière le bus stop, on reprend nos 2 nanas qui sont passées à pied entre temps, elles font à nouveau chauffer le tournevis pour démonter le bus, remplissent leur sac noirs, revissent le sol. Ni vues ni connues. Enfin si, vues par tous. 1 km avant l’arrivée à Vilnius, le chauffeur s’arrête, nos nanas descendent et chargent les énormes sacs dans une voiture qui les attends, le chauffeur reçoit une enveloppe de cash, fin de l’histoire. Maintenant je sais comment les clopes (ou autres substances) peuvent passer en toute tranquillité !!
D’après mes calculs et si elles vendent tout, ces femmes ont chacune gagné l’équivalent d’un mois de salaire biélorusse, soit entre 200€ et 300€ environ.

Voir toutes les photos  de Biélorussie (Minsk, Brest)

Ce pays m’a beaucoup touché. J’ai aimé ces gens, russes de mentalité, européens d’aspiration. Ils sont simples, avenants, frustrés de ne pouvoir voyager quand et où bon leur semble. Je n’ai pas aimé les admirateurs de Staline (cf photos) brancardant son portrait, mais après tout, y’a des cons partout.
Si je devais résumer, je qualifierai ce pays d’Union Soviétique Capitaliste. Paradoxal certes, mais c’est exactement ce qu’est ce pays, un paradoxe politique, humain, économique.

Depuis le temps que je rêvais d’y aller, de voir à quoi ressemblait la dernière dictature d’Europe, de voir ce pays dont l’UE se contrefout bien qu‘étant à ses portes, de me forger ma propre opinion, de discuter avec des gens qui y vivent au quotidien …

Peu de touristes vont en Biélorussie: le pays est méconnu, les visas chers et pénibles à obtenir, le climat  pas forcément attractif, sa réputation n’est pas des meilleures, il n’y a absolument aucune infrastructure touristique, peu de gens parlent anglais… bref aucun intérêt. D’où l’intérêt.

Le contrôle douanier se fait en 4 étapes : contrôle du passeport, contrôle du bus, contrôle du passeport bis, contrôle des bagages. Lors de ce dernier, un policier me demande « Што гэта ?», mon niveau de russe est suffisant pour comprendre qu’il veut savoir ce que contient mon sac, je prends soin de répondre en anglais pour couper court aux explications, ça marche, il répond « oh » comprenant qu’il s’adresse à un touriste et change d‘avis quant à la fouille de mon sac. Pas de contrôle pour moi! Même les douaniers sont surpris de voir un touriste, je jubile J
Le simple fait de m’avoir entendu parler anglais suffit d’ailleurs à intriguer un biélorusse voyageant avec moi; il me demande d’où je viens,  nous tapons la causette, me dit qu’il ne voit jamais de touristes ici et que je vais être dépaysé. Oué, j’attends de  voir.

Pour obtenir un visa en Biélorussie, il faut bien évidemment renseigner les autorités sur votre lieu d’hébergement au préalable, puis aller s’enregistrer dans les 72h suivant votre arrivé, dans un bureau officiel. Soyons clair, si vous ne parlez pas russe ou n‘êtes pas aidé par des locaux, il est impossible de remplir cette formalité, importante si vous voulez éviter les soucis. J’avais fourni l’adresse de Elena, mon hôte biélorusse à Minsk rencontrée comme toujours via couchsurfing.
Arrivé à la gare et Elena travaillant jusqu’à 20h, je vais devoir patienter un peu plu d’une heure. Qu’importe, c’est l’occasion parfaite pour me familiariser avec mon nouveau pays d‘accueil, regarder, voire dévisager ces gens que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer.

20 minutes après mon arrivée, je suis dérangé en plein travail d’évaluation critique de mini jupes et de talons hauts, par 4 jeunes. Interloqués par mon sac à dos, ils s’approchent et me demandent en russe sa contenance: je réponds « 68 Litres » en anglais et la conversation s’engage pour 1h. Ils parlent très correctement la langue de Shakespeare, les questions sont les mêmes que souvent (d’où tu viens, pour combien de temps etc…) mais il est vraiment plaisant d’y répondre vu leur état d’esprit.

Je trouve quand même extraordinaire ces gens, qui, bien que ne pouvant pas quitter leur pays, s’ouvre si facilement à l’étranger, voire mieux, viennent lui faire la causette sur un bout de trottoir, tout en lui offrant des chocolats et un endroit ou dormir si besoin est. Génial, j’adore déjà ce pays et suis vraiment enchanté de l’avoir mis sur ma liste des impératifs à visiter.

Plantons maintenant le décor : entre la frontière et la capitale, je n’avais vu que des plaines parfois bordées de fermettes en bois. A l’entrée de Minsk, le paysage mue radicalement, la ville semble en pleine expansion, des quartiers entiers sont en construction, routes, barres d’immeubles tous similaires …
Le centre ville est quant à lui gigantesque: l’architecture stalinienne accapare le regard, les bâtiments sont véritablement imposants, les avenues très larges et les symboles de l’Union Soviétique présent à peu près partout, la ville est d’une propreté impeccable.
Ceci étant, les gens semblent vivre tout à fait normalement! Bien malin le touriste qui pourrait dire « je suis en train de visiter une dictature », simplement en regardant autour de lui.
Le seul élément qui peut à le limite donner une piste, c’est la publicité (certain l’appelleront de la propagande) pour la journée nationale et appelant à la fierté d’être biélorusse, ainsi que quelques affiches ou l’on voit Loukachenko (le président Biélorusse) entouré de diverses équipes de sport. En effet, Loukachenko aime le sport et tient à ce que ça se sache. Vous imaginez Sarkozy avec l’équipe de France de foot sur des 3m x 4m placardés partout dans Paris ? J

Le plan du séjour est le suivant : en compagnie de Elena et d’Alexandrina ( une amie d’Elena qui m’hébergera également) nous partons le lendemain matin pour Brest, sud de la Biélorussie, ou nous seront hébergés par Sergey et Yuri pour 2 jours avant de revenir sur Minsk. Après 4h de train couchette, avec cocktails à base de vodka et sandwichs préparés par Alexandrina, nous arrivons à la gare sous la canicule.
Nos hôtes nous guident à travers la ville, jolie ville tranquille, verte, dans laquelle on passerait bien ses vacances. Sauf celles en hiver pour éviter de congeler. Au passage, Yuri, d’origine russe, me précise qu’ici et contrairement à la Russie, le KGB n’a pas été renommé en FSB; le nom est bel et bien le même, toujours affiché sur le bâtiment par ailleurs.
Ce séjour à Brest était très agréable, on ne se sent en rien sous une dictature. Tout ici est normal en apparence.

Retour à Minsk, je ne me lasse pas de ces bâtiments: c‘est moche mais grandiose. Alexandrina devant travailler à 7h du mat, je me retrouve dehors aux alentours de 6h30 avec mon sac. Le soleil est déjà haut et la ville vide….à l’exception des milliers de gardes bordant les artères principales …et moi! Ahhhhhhhhhhh, nous y voilà !!

L’image est surréaliste et je n’ai bien évidemment pas pu prendre de photos. Mais imaginez un instant, ces rues immenses flanquées d’immeubles aussi massifs qu‘imposants, vides à l’exception de milliers de gardes privés (un tous les 10m, et je n’exagère pas)! Effectivement, c’est le jour national aujourd’hui, et afin d’éviter un nouvel attentat, on a pris des précautions.
Je pensais qu’on m’empêcherait de me promener mais non: mon sac à dos attise toujours la curiosité et m’attire par là même une certaine sympathie. Un garde me demandera tout de même si il peut le fouiller alors que je veux traverser la plus grosse artère, je suis ravi de lui répondre que « конечно » (bien-sûr) en me marrant. Rira bien qui rira le dernier, il me demande d’où je viens, « français ?? Ah ah ah … coupe du monde….coach Raymond Domenech … Now Laurant Blanc, better !! » C’est qu’il en connait des choses le bougre !!! On se marre un peu, puis je dois le laisser afin qu’il puisse continuer à ne rien faire.

Ai-je précisé que les statues de Lénine sont omniprésentes ici ? Pas à tous les coins de rues mais presque. Je ne parle pas de la faucille et du marteau qui trônent toujours sur la plupart des buildings. Loukachenko n’est pas communiste mais se sert de cet héritage pour s’attirer les faveurs des anciennes générations.
C’est qu’ici voyez-vous, la dictature est rudement bien foutue: pas assez dure pour choquer la Communauté Internationale ou permettre une révolte massive, pas assez souple pour laisser les biélorusses libres de leur mouvements. Vraiment bien fichu!
J’ai beaucoup parlé avec les biélorusses, je n’en ai pas trouvé UN SEUL qui apprécie sa condition. Il faut dire qu’ils avaient tous moins de 40ans. De façon générale, les plus jeunes contestent le régime, les plus âgés le supportent. Ah ma question « pourquoi ? », la réponse est sans appel « ici les gens se souviennent qu’il y a 20 ans on avait pas à manger. Alors entre la nourriture et la démocratie, nous on choisi la nourriture ». Que voulez-vous répondre à ça…
Il faudra donc probablement attendre le déclin de la vieille génération pour avoir du changement dans ce pays.

Une dernière anecdote qui vaut son pesant de cacahuètes: lors de mon retour en bus sur Vilnius, celui-ci s’arrête comme prévu dans une petite ville frontalière, côté biélorusse toujours. Montent alors quatre dames, quinquagénaires, chacune armées d’énormes sacs et de … tournevis. C’est vrai qu’un bon tournevis pour voyager, c’est toujours utile, en plus j’ai oublié le mien, du coup mes sentiments oscillent entre jalousie et curiosité. Précision, je suis toujours l’unique touriste: et donc le seul qui sera étonné et subjugué par ce qui va suivre. Les autres gens n’y prêtant pas la moindre attention ou à l’inverse filant un coup de main !
Ces énormes sacs contiennent des cartouches de cigarettes, 600 cartouches selon mes estimations. Et les tournevis servent tout simplement à démanteler le sol du bus !!! Imaginez: le bus roule, les nanas démontent le sol partout, cachent 600 cartouches de clopes, puis referment le tout sous l’œil bienveillant du chauffeur qui surveille le bon déroulement des opérations. Je suis aux anges d’être au premier rang, je regarde un peu trop attentivement d’ailleurs ce qui ne plait pas à la plus grosse du quatuor J
Bref: il faut faire vite, la frontière approche. J’admire l’organisation méticuleuse avec laquelle ça se passe : le bus s’arrête 500m avant les contrôles douaniers, laisse descendre 2 femmes qui passeront la frontière à pied (autant pas tous se faire chopper si ça tourne au vinaigre), les autres restent. Elles stressent, sont inquiètent et ça se voit. Les douaniers biélorusses se foutent royalement de ce qui sort du pays, les douaniers lituaniens quant à eux ne trouveront rien. C’est quand même génial, tout le monde SAIT dans le bus !! J
Les contrôles se passent sans encombre, le temps de me marrer en lisant un panneau disant qu’ici la corruption ne fonctionne pas. On repart, 500m après la frontière le bus stop, on reprend nos 2 nanas qui sont passées à pied entre temps, elles font à nouveau chauffer le tournevis pour démonter le bus, remplissent leur sac noirs, revissent le sol. Ni vu ni connu. Enfin si, vu par tous. 1 km avant l’arrivée à Vilnius, le chauffeur s’arrête, nos nanas descendent et chargent les énormes sacs dans une voiture qui les attends, le chauffeur reçoit une enveloppe de cash, fin de l’histoire. Maintenant je sais comment les clopes (ou autres substances) peuvent passer en toute tranquillité !!
D’après mes calculs et si elles vendent tout, ces femmes ont chacune gagné l’équivalent d’un mois de salaire biélorusse, soit entre 200€ et 300€ environ.

Ce pays m’a beaucoup touché. J’ai aimé ces gens, russes de mentalité, européens d’aspiration. Ils sont simples, avenants, frustrés de ne pouvoir voyager quand et où bon leur semble. Je n’ai pas aimé les admirateurs de Staline (cf photos) brancardant son portrait, mais après tout, y’a des cons partout.
Si je devais résumer, je qualifierai ce pays d’Union Soviétique Capitaliste. Paradoxal certes, mais c’est exactement ce qu’est ce pays, un paradoxe politique, humain, économique.

Images liées:

29/06/2010

Lituanie, l’autre pays du football

Lituanie, l’autre pays du football

Dans mon dernier article, j’estimais mon retour aux alentours de 2020; Au train ou vont les choses, il me semble que 2030 serait plus approprié. Effectivement, 2 semaines passées en Lituanie, ça n’était pas vraiment au programme étant donné la taille du pays. Mais j’ai deux excuses béton : la coupe du monde de football et le visa pour la Biélorussie!

Après avoir raté un train en Pologne, après avoir fait de  l’auto-stop jusqu’à la frontière Lituanienne, après avoir fait marche arrière toujours en auto-stop pour ne pas rater le début match du Paraguay (qui a dit « fanatique » ?), j’arrive finalement à Vilnius, capitale de la Lituanie, non sans avoir fait un arrêt à Kaunas (ah ah).

A Vilnius, je suis accueilli par Viki, amie d’une amie argentine (Caroooo!!). Viki vit ici depuis 9 mois. Pour faire simple, elle est argentine, possède un passeport italien et enseigne le français en Lituanie. C’est elle qui m’hébergera durant tout mon séjour à Vilnius, en compagnie de ses 3 colocataires : un couple de lituaniens et une polonaise.

Voir toutes les photos de Lituanie (Vilnius, Klaipeda, Trakai, Nida) – Désolé pour la qualité, me suis trompé avec le réglage automatique ! 🙂

Toujours en compagnie de Viki et nombre de ses amis, essentiellement expatriés espagnols et étudiants Erasmus, nous aurons passé pas mal de temps ainsi qu’un certain nombre de litres de bière à nous passionner pour nos équipes favorites de football, dans des bars en terrasse, sur écran géant.
Les lituaniens sont dans leur grande majorité amateurs de basket, sport dans lequel ils excellent, mais pour le football, vous repasserez: il m’a plutôt semblé qu’ils avaient du mal à distinguer une touche d’un corner. Quant à s’extasier lors d’un but,  hurler au scandale lors d’une faute réelle ou imaginaire: ça ne fait visiblement pas vraiment partie de leur culture. Forcé d’avouer que j’étais bien content d’être entouré de latins à ce moment là, c’est plus sympa, plus vivant 🙂

Sans toutefois affirmer que j’ai  ressenti un « fossé culturel » entre les lituaniens et moi (je réserve cette expression à l’Asie), il n’en reste pas moins une certaine mentalité qu’il est parfois difficile d’appréhender.;  les rapports humains, la gestuelle, la simple expression de son humeur sont tous autant qu’ils sont des élément à décrypter, prouesse n’étant pas à la portée du premier venu. Attention toutefois aux généralités : ceci ne les empêche absolument pas d’être foncièrement accueillants, chaleureux et sympathiques!!

Voir toutes les photos de Lituanie (Vilnius, Klaipeda, Trakai, Nida) – Désolé pour la qualité, me suis trompé avec le réglage automatique ! 🙂

Pour ce qui est des visites, Vilnius est aussi petite que charmante. 600 000 habitants seulement, une vieille ville très sympa même si l’animation n’est pas toujours au rendez-vous le soir. Bien qu’on puisse assez rapidement tourner en rond, impossible de ne pas se sentir bien ici.

Concernant le reste de la Lituanie, outre le joli château de Trakai bâti sur une île, à une trentaine de kilomètres de Vilnius, j’ai beaucoup apprécié l’après midi champêtre en compagnie de Viki, de divers expatriés et lituaniens francophones, dans l’une de ces charmantes maisons de campagne typique, colorée, sans eau ni électricité et entièrement en bois que l’ont aperçoit de toutes part dès lors que l’on aborde la campagne.

Parlons-en de cette campagne: elle correspond exactement à la conception que je me suis toujours faite du milieu rural d’il y a 50 ans en France. Et je ne pense pas me tromper : décor, petits élevages, fermes éparpillées, outils vieillots, méthodes agricoles : tout y est. J’aime beaucoup. Je serai gré à la génération précédente de bien vouloir faire un saut ici pour confirmer mes dires 🙂

Tout aussi sympa, mon escapade au nord ouest du pays à Klaïpeda, étape pour rejoindre le village de pêcheur de Nida, bordé par de belles dunes de sable, le long de la mer baltique. Le voyage n’est pas des plus court mais ça valait le coup ! Je vous laisse découvrir les photos.

Et comment ne pas parler de cette absurde et incroyable colline aux croix, perdue au milieu de nulle part! Il est dit que la foi peut déplacer des montagnes, en tout cas une chose est sure : elle peut les créer! On estime à environ 1 million le nombre de croix catholiques plantées ici, dont 60 000 de plus d’un mètre (même Jean Paul II a planté la sienne), de toutes tailles, de toutes matières. Les lituaniens les plantaient là en signe d’espoir et en témoignage de leur foi et d’espérance. Pendant la période communiste et malgré l‘interdiction de perpétrer cette « tradition », malgré le fait que le Parti les aient faites enlever à plusieurs reprises, malgré le dynamitage de la colline, rien n’y a fait, les croix sont toujours réapparues.

Voir toutes les photos de Lituanie (Vilnius, Klaipeda, Trakai, Nida) – Désolé pour la qualité, me suis trompé avec le réglage automatique ! 🙂

Le reste de ce que j’ai aimé en vrac :
– Les fraises des bois sauvages (je n’en avais pas mangé depuis mon enfance il me semble!) vendues au verre, par des mamies le long des routes ou des trottoirs.
– les innombrables vaches solitaires qui vous dévisagent sur les divers chemins de campagne.
– les réactions étrangères après le triste spectacle dispensé par l’équipe de France
– Le fait qu’on me prenne pour un argentin quand je commence à parler espagnol 🙂
– les cigognes dans le centre du pays: j’ai du en voir au moins une quarantaine !

Ce que je n’ai pas aimé:
– Me faire petit suite aux réactions étrangères après le triste spectacle dispensé par l’équipe de France 🙂
– Le bus d’où je vous écrit et dans lequel  il fait 40°C

Je terminerai en vous disant que je vais enfin pénétrer dès demain dans ce pays secret qu’est la Biélorussie! L’envie d’y aller ne date pas d’hier et j’ai vraiment hâte d’y être, vraiment excité de visiter ce pays inconnu ou le tourisme est inexistant. Pourvu qu’ils ne me recalent pas à le frontière, ce qui est malheureusement une possibilité non négligeable pour cause de photo de passeport recollée il y a 1 semaine à la super glue 🙂

Tout ça c’est bien beau, mais y’a match, je dois y aller. A très bientôt et encore désolé pour la qualité des photos! Promis, je corrige ça!

Images liées:

13/06/2010

Pologne: ou comment prendre du retard

Pologne: ou comment prendre du retard

Un peu plus de deux mois de voyage, dont quasi deux semaines en Pologne; à ce rythme là, j’estime mon retour en France aux alentours de 2020.

Difficile de résumer 2 semaines et tout ce qu’il m’aura été donné de découvrir en Pologne, sous peine de devoir écrire un roman en plusieurs volumes.

Cracovie
Arrivé sur Cracovie en train depuis l’Ukraine, je retrouve Alex l’un de mes meilleurs amis, activiste palois, éternel gastronome et historien passionné ainsi que son frère, son ami et le père de ce dernier. Ca fait quelque chose de voir une tête connue après 2 mois. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais nous sommes hébergés chez l’habitant, dans de royales conditions en plein cœur de Cracovie. Nous ferons tous les repas en compagnie d’amis polonais.
De toutes les personnes présentes, je suis celui possédant le plus de lacunes historiques et religieuses, j’ai donc beaucoup appris et de façon plaisante en compagnie de mes amis érudits, lors de nos diverses visites.

Première impression: plus catholique que la Pologne, c’est impossible. Des églises partout, des statues de Jean Paul II à chaque coin de rue et je ne parle pas des prêtres et des sœurs… à croire qu‘il y a un quota de curés par famille à respecter! Le pays d’avant-guerre comptait une énorme communauté juive mais c’est bel et bien fini. D’une part car l’Allemagne nazie est passée par là, d’autre part pour la vague impression que l’Etat polonais ne valorise en rien son Histoire juive.
Cracovie est une superbe ville, bien que trop « neuve » à mon gout.
Au programme des visites: églises, Wawel, synagogues, les mines de sel de Wieliczka (impressionnantes et visite très sympa), le Ghetto de Cracovie (plus grand-chose à voir malheureusement), un aperçu de l’usine de Schindler, les camps de Auschwitz et de Birkenau.

Un mot rapide sur Auschwitz: 4h de visite au total, impossible de rester indifférent. Ça pue toujours la mort. Chacun de nous aura été marqué ou ému par quelque chose de précis: Alex et son frère par les petites chaussures d’enfants, dépouillés avant d’être gazés, moi par la galerie de portraits de certains détenus. Sous leurs photos, deux dates: celle de leur entrée dans le camps, celle de leur fin. Il s’en est fallut de peu pour que je lâche ma larme en voyant un portrait d’une femme arrivée le 3 mai 43, décédée le 5 mai 43. Elle aura tenu 2 jours.
Certains prisonniers sourient même devant l’objectif. Pourquoi, comment ? Je ne sais pas.

Sans transition, 4 jours géniaux passés avec des amis, difficile de repartir. Mais il le faut et ça me démange en fin de compte. Direction Varsovie.

Voir toutes les photos de Pologne: Cracovie, Varsovie, Gdansk, Gdynia

Varsovie
C’est Disneyland. C’est beau mais ça manque cruellement de cachet. A choisir, Cracovie est bien plus attractif. J’y passerai 2 jours, un temps suffisant pour visiter les artères principales, le célèbre Ghetto, et le Musée Historique : le plus intéressant musée qu’il m’ai jamais été donné de voir: interactif, foncièrement pédagogique et donc forcément passionnant.

Pour la suite direction Gdansk au nord de la Pologne, avec 6h30 de train assis à côté d’un mec dont le dernier bain devait remonter au liquide amniotique dans lequel il a un jour barboté. Ça piquait les yeux d’un wagon entiers messieurs dames, et par 33°C …violent.

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Gdansk
Gdansk borde la mer Baltique, j‘ai beaucoup aimé cette ville. Je vous passe là encore la rue principale entièrement reconstruite et bourrée de monde arrivé par ferry le matin même. Je rencontre Tom via couchsurfing: 35 ans, allemand, parle 6 langues, connaît Gdansk mieux que n’importe quel polonais, a vécu partout. A sa question « que veux-tu visiter ? » ma réponse est « ce que ne visitent pas les touristes ». Nous sommes sur la même longueur d’onde, c’est parti pour 5h de marche.

Lors de ma promenade avec Tom, j’ai vu l’envers de Gdansk: ces quartiers qui n’ont de mauvais que leur réputation, son port empli de nostalgie et tombé en désuétude depuis des années, mais qui conserve d’ancienne trace de lutte post-communiste pour qui sait en déchiffrer les traces laissées un peu partout, les collines surplombant Gdansk ou l’on peut admirer l’évolution de la ville et les mille et une grues du port.

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Autre rencontre avec Aga, parfaitement francophone, pour quelques bières à Sopot. Le courant passe rapidement, les éclats de rires son nombreux, j’aurais bien aimé la revoir mais je dois partir le lendemain. C’était sans compter un SMS d’Agnieszka qui rentre d’Angleterre sur Gdansk le lendemain et qui me fera rester 2 jours de plus, Aga m’ayant du coup proposé de m’héberger.
Aga: Franchement-Généralement-Exactement ? 😉

Agnieszka : nous l’avions hébergé sur Paris avec mon coloc il y a un peu plus d’un an et ça avait desuite accroché: nous avions alors visité Paris, de 18h le soir à 5h du matin, le tout en marchant et en buvant….superbe souvenir. J’adore cette nana et nous avions toujours gardé contact depuis lors, c’est notamment de sa faute/grâce à elle que j’ai franchi le pas pour débuter ce tour du monde (elle connaissait toute l’Europe à 25 ans seulement, j‘étais impressionné). C’est donc avec joie que nous nous sommes retrouvés pendant 2 jours, avons visité des plages de sable blanc dont vous n’imaginez même pas l’existence en Pologne, bu (ben oui, je suis toujours en Pologne), regardé le piètre match nul de l’équipe de France en Coupe du Monde et j’en passe.

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La suite de mon voyage en Pologne: c’est des heures et des heures de train qui ne se comptent pas sur les doigts des deux mains (ni même en ajoutant les doigts de pieds) pour rejoindre la frontière Lituanienne, en passant notamment en coup de vent par des villes aux jolis noms tels que Olsztyn, Byalistok, Suwalki.

Pour résumer, la Pologne est haute en couleur, sa gastronomie riche et variée, ses habitants festifs. Il suffit de tourner la tête pour voir des chantiers de partout: la Pologne est en pleine (re)construction. Merci l’Union Européenne au passage. Ce pays n’est pas dépaysant pour un ressortissant français et le niveau de vie moyen ne cesse d’augmenter. Je ne peux m’empêcher de penser qu’au train ou vont les choses, la France qui à mon sens vit sur ses acquis et sa réputation prestigieuse mais est bien trop rigide et conventionnelle, sera forcément tôt ou tard, dépassée par ce genre de pays jeune et débordant de vie. J’espère avoir tort! 🙂

Allez, sur ces brèves de comptoir, on se retrouve en Lituanie ? Je serai notamment en transit par une ville nommée Kaunas (oui oui, prononcer « Connasse » 🙂 🙂 ) : rien que pour y ça,  je suis sûr que la Lituanie vaut le coup !

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27/05/2010

Ukraine: Kiev, Lviv

Ukraine: Kiev, Lviv

Kiev
Pour commencer, quelques chiffres : Chisinau – Kiev = 472kms = 10h30 de trajet en bus = passage à la douane à 2h du mat = 20 min d’emmerdes.

Venant de Chisinau, je ne pouvais qu’être agréablement surpris par la ville de Kiev. J’avais lu sur internet que Kiev ne valait pas forcément le détour, je ne suis tout simplement pas d’accord ! Une ville admirable, des bâtiments remarquables à ne plus savoir quoi en faire (principalement des églises, mais j’adore ça) et surtout: toujours de merveilleuses rencontres via Couchsurfing.

Ayant décidé de faire Kiev en auberge de jeunesse et non pas chez l’habitant, j’ai tout de même mis un message sur Couchsurfing afin de rencontrer des ukrainiens, de faire quelques soirées et visites avec eux. Et bien franc succès, au-delà de mes espérances !! Je n’ai même pas pu voir tout le monde après 4 jours passés sur place !

Iryna sera la première personne que je rencontrerai à Kiev, excellente ambassadrice francophone de sa ville, nous passerons une matinée trop courte ensemble à visiter sous le soleil (salut Iryna au passage, et merci encore une fois 🙂  )

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Mais Kiev aura également été pour moi le théâtre d’une nouvelle expérience : une soirée Jet Set = VIP + fine aristocratie ukrainienne + étrangers fortunés + Masha et moi.
Le contexte: Masha, ukrainienne également rencontrée via couchsurfing et parlant mieux français que moi-même (je n’exagère pas, elle n’a aucun accent, je n’aurais pas pu dire qu’elle n’était pas française !) a obtenu 2 places gratuites pour une soirée du célèbre DJ français David Vendetta. Les amateurs apprécieront.
Et alors là, c’est un festival pour les yeux (moins pour les oreilles); Vous connaissez ce cliché des demoiselles absolument sublimes, à l’affut de l’étranger plein aux as ? Et bien il était vrai lors de cette soirée !! Je n’avais jamais vu autant de créatures de rêve au mètre carré… tout simplement hallucinant. J’ai tant regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo pour partager ça avec vous… ça n’arrivera plus, promis! 🙂

La seule « difficulté » fut de rentrer : fidèle à mon habitude, j’étais fringué comme un sac (à savoir mon polo bleu et un jean classique) alors que le code vestimentaire était plus que de rigueur. Seulement voilà, les places venaient de la diplomatie française … impossible de ne pas nous laisser entrer. Ha ha ha ! Donc malgré de lourds et pesants regards des physionomistes accompagnés de reniflements dédaigneux : on rentre.

En bref, tout le monde était en costard et mini jupes (longueur réglementaire maximale autorisée: 2cm en dessous de l’entre jambe m’a-t-il semblé), sauf nous 🙂 C’était jouissif !! Je n’ai rien en commun avec ces gens, je ne referai probablement jamais de soirée pareille et ça n’est pas fait pour me déplaire. Mais j’ai quand même adoré vivre ça, on se sent tellement décalé que ça en vaut sincèrement la peine… 🙂

Masha, si tu lis ces quelques lignes, je te remercie pour le temps que tu as pris et passé avec moi pendant ces quelques jours, j’espère pouvoir te rendre la pareille si tu viens sur Paris !

Une autre expérience absolument géniale: un meeting polyglot français; Il s’agit d’une réunion ou des ukrainiens viennent pratiquer leur français. L’occasion de rencontrer un expatrié (salut Rémi), ainsi que Artem, l’ukrainien qui avait une idée à la minute! Un mec super sympa et attachant, bien dans la lignée de ces gens que je rencontre depuis le début en Ukraine, dans mon voyage de façon plus globale.

Pour en finir ou presque avec les rencontres : Tania ! Quasi 3 jours passés avec elle, franche rigolade, blagues à tout va, nourritures traditionnelles, glaces, marches de longue haleine, le tout en anglais cette fois-ci. Il fait beau, il fait chaud, je suis en charmante compagnie, je mange bien : elle est pas belle la vie ?
Ensemble, nous visiterons Kiev mais également les alentours : Pirogovo, reconstitution de l’habitat ukrainien au fil du temps et des régions; Par un heureux hasard, nous irons là bas lors d’une journée religieuse: sensationnel ! Je vous laisse voir photos et vidéos.

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Enfin, l’occasion de partager quelques bières avec Ben, américain rencontré dans l’auberge de jeunesse, mec sympa et curieux de tout, pour qui la principale difficulté était qu’ici, peu de monde parle anglais. Etant habitué à ce que la langue internationale soit omniprésente, il a vécu ce que ça nous ressentons habituellement lorsque par malchance nous ne parlons pas anglais en voyage! C’est un peu plus dur, mais on fini toujours pas y arriver 😉

Ca tombe un peu comme un cheveux sur la soupe dans ce récit mais, une curiosité de Kiev, absolument inconnue car très récente : deux rues entières de bâtiments neufs, non indiqués sur les cartes, des constructions totalement aptes à être habités, en plein centre ville, la peinture est presque encore fraîche et pourtant : pas un seul habitant à l’intérieur. Il s’agit de rues fantômes !! Vrai de vrai ! Pourquoi ? et bien tout simplement, car vers la fin des travaux (nous parlons bien d’une quarantaine voire cinquantaine d’immeubles) les architectes se seraient aperçus que la zone était non constructible, les fondations baignaient dans l’eau….faut le voir pour le croire. Cf photos !

Une certitude en quittant cette ville, je retournerai à Kiev. J’ai longtemps hésité à faire un détour par Tchernobyl, pourtant pas si loin, et je n’y suis finalement pas allé. Tout d’abord pour des questions étiques, ensuite pour le fait qu’il n’y a pas beaucoup d’informations rassurantes. D’informations tout court. Des touristes au compte goutte, un lieu toujours classé zone interdite, mais toujours des habitants. Je regrette de ne pas y être allé, un suédois l’ayant fait m’a affirmé que c’était unique et je le crois: c’est le retour en Union Soviétique, retour dans un passé figé à jamais. Oui, j’irai.

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Lviv

Continuons avec les chiffres : Kiev – Lviv = 551 kms = 8h30 de train.= 2 ukrainiens = 1 bouteille de vodka.
Mon premier train couchette de nuit en Europe de l’Est ! Je n’en aurais pas trop profité, impossible de fermer l’œil. Mes joyeux compagnons de dortoir, Nicolaï et Oleg sont immédiatement curieux de savoir d’où je viens, qui je suis etc …. et comble du bonheur : ils parlent anglais !

Nous parlerons de tout pendant la nuit: politique, Europe, homosexualité, visas, études, vie en générale, le tout autour de leur bouteille de vodka (déjà bien entamée avant le voyage). J’ai vainement essayé de refuser la première gorgée, un regard noir m’a confirmé que je n’avais pas le choix, j’ai accepté. L’idée générale étant: « le prochain arrêt est à 4h du mat, on pourra peut être descendre vite fait acheter une autre bouteille, non ? » … heureusement pour moi, on s’est pieutés avant  🙂

Expérience formidable que ce train en compagnie de ces gais luron. Ils rêvent de faire partie de l’Europe, je rêve qu’ils en fassent partie. Ils ont besoin de visa pour venir chez moi, je n’en ai pas besoin pour aller chez eux. Anormal. D’autant plus qu’ils ne souhaitent pas quitter leur pays, juste être libres de voyager. « ceux des ukrainiens qui voulaient partir chez vous y sont déjà, ceux qui restent ne le veulent pas. Je ne comprends pas de quoi vous avez peur vous autres les pays européens ». Moi non plus.

Enfin arrivés à Lviv, j’offre un café (sans alcool) à mes potes, ils m’accompagnent au tram, me mettent dedans, m’expliquent le principe et ne partiront qu’une fois rassurés sur le fait que j’ai tout compris. C’est-à-dire à la fermeture des portes. J’ai envie de leur dire que je voyage seul depuis longtemps, que je suis un grand mais…bof non, c’est tellement sympa de leur part, et je pense qu’ils ne comprendraient pas.

Lviv…euh….ben j’ai pas le temps d’écrire je me lève dans 4h pour partir en Pologne et puis… j’ai déjà assez raconté ma vie comme ça, non ? 🙂
Regardez les photos, ici il n’y a pas de touristes, personne ne parle anglais (4h pour acheter un billet de train, record à battre) et c’est absolument magnifique. Plein de charme. Venez-y !

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27/05/2010

Moldavie: Chisinau, capitale de renom

Moldavie: Chisinau, capitale de renom

Moldavie…qui sait situer la Moldavie, sans tricher ? Qui connait la capitale ? Hum ? Pas grand monde hein ! Et bien je comprends pourquoi ! 🙂 Pourtant, nous sommes presque voisins…

La Moldavie étant comme chacun sait une ancienne partie de la Roumanie, je m’attendais à y trouver des… roumains. Ou tout du moins des ressemblances. Et bien pas du tout ! C’était sans compter que la Moldavie fut également part de l’Union Soviétique. Y’en a qui ont du bol! 🙂

Beaucoup de moldaves parlent les deux langues, même si le russe prédomine généralement. La physionomie des gens change totalement : je me rends compte dès mon arrivée que j’ai quitté les latins sans le savoir pour plonger dans le (joli) monde des slaves. Tout ici me rappelle Saint-Pétersbourg…la beauté de la ville en moins.
En effet, vous ne verrez pas beaucoup de photos relatives à cet article, l’architecture n’ayant rien de remarquable ou de passionnante pour ce que j’en ai vu. Mon premier sentiment, confirmé par d’autres voyageurs est que les beaux jours sont une bénédiction; l’hiver cet environnement doit vous pousser inexorablement à vous cloitrer chez vous ou pire, vous conduire tout droit à la dépression !

Arrivé à Chisinau, la capitale donc, je suis une nouvelle fois hébergé chez « l’habitant » via couchsurfing (1 néerlandaise, 1 portugaise, 1 allemande qui sont ici en tant que volontaires EVS) et avec qui j’aurais passé de très bons moments. Le tour de la ville étant relativement vite fait surtout si vous ne souhaitez pas faire de musées, le plus gros de mon temps aura été passé en compagnie de mes hôtes lors de divers évènements, dont 2 majeurs;

Le premier: le festival du film international de Moldavie; Des réalisateurs de plusieurs pays viennent présenter leurs documentaires/courts métrages. J’aurais vu plusieurs films et rencontré 2 réalisateurs : Jorge, portugais et par un heureux hasard ami de Sara, l’une de mes hôtes, ainsi qu’une jeune allemande, ayant tourné un film sur les gauchos en Argentine. Ce dernier documentaire m’a presque tiré les larmes des yeux, puisque filmé notamment à quelques rues de l’un de mes lieux de résidence, lors de mon séjour en Argentine il y a quelques années.

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Le second évènement : une marche pour sensibiliser au sida, sujet plus que tabou dans un pays ne se sentant visiblement pas concerné. La prévention n’est semble t’il pas l’une des priorités, loin s’en faut. A noter que lors de cette marche, il y avait plus d’étrangers que de locaux m’a-t-il semblé. Révélateur !

Le soleil étant au rendez-vous, j’ai énormément apprécié ma journée en compagnie de mes deux comparses portugais Sara et Jorge, à flâner au hasard des rues, essentiellement dans un immense marché aux puces: jolies couleurs, babioles invendables, babouchkas placides vendeuses de fromage, vêtements de dixième mains pour autant de générations, reliques nostalgiques de l’Union Soviétique …

L’une de plus belle rencontre de ce pays aura eu lieu dans un kiosque tout simple, petite échoppe comme il en existe des milliers dans les rues ici : le patron remarquant mon fort accent lors d’une tentative de russe pour acheter des chips me demande d’où je viens (message à caractère personnel : non maman, je ne mange pas que des chips! ). Et la discussion s’engage avec lui – d’origine syrienne – et sa femme ukrainienne. Le bilan c’est 4h de discussion, une fermeture de leur magasin à 2h du mat au lieu de minuit tellement nos échanges étaient passionnants, et j’y suis revenu le lendemain soir ! Voilà, ces rencontres chaleureuses sont l’exact reflet de ce qui me donne envie d’aller de l’avant dans ce voyage et d’être toujours plus dépaysé.

Alors certes, la Moldavie n’est pas une destination de rêve, certes elle n’est jamais présente en vitrine de nos agences de voyage traditionnelles, elle ne figure d’ailleurs probablement pas au fin fond du dernier guide rangé dans le tiroir le plus bas, mais c’était néanmoins l’un des pays que je ne voulais pas manquer, l’un des rares endroit que j’avais la certitude de vouloir visiter avant mon départ.
Et je ne suis pas déçu. Les photos ne sont en rien sensationnelles mais là n’était pas le plus important pour moi, mon objectif de rencontrer et de parler avec des locaux est atteint, et ça, ça ne se prend pas en photo ! 🙂

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